
Le "hajj pélerinage" vient de débuter le 21 Octobre à la Mecque. Le 5ème pilier de l'Islam ordonne aux musulmans d'accomplir le pélerinage aux lieux saints de la ville pour tous ceux qui en sont capables.
Arte diffusait hier soir "Le grand voyage", road-movie initiatique d'Ismaël Ferroukhi qui signe un premier film très réussi.
Réda, jeune Aixois de 18 ans, va devoir conduire son père sur les routes de France, d'Italie, de Slovénie, de Croatie, de Turquie, de Jordanie avant d'atteindre l'Arabie Saoudite où des milliers de pélerins se sont donnés rendez-vous pour satisfaire à cette loi corannique. A la détermination d'un père autoritaire répond l'incompréhension d'un fils que tout oppose. Choc des cultures, conflit générationel, confrontation des valeurs, incompréhensions réciproques, les deux hommes ne parlent décidément pas le même langage. Pourtant, au fil des 5 000 kilomètres de ce long périple, il vont peu à peu se rapprocher jusqu'au départ pour le "voyage ultime" du père qui scelle la réconciliation.
"Quand l'eau monte vers les nuages, elle s'évapore et devient plus pure".
Le ton très juste des acteurs, la beauté rugueuse des paysages traversés, les images d'Istanbul, de Damas et de La Mecque sont aussi une invitation au dialogue intérieur. Au-delà d'un prosélytisme un peu trop marqué, ce film nous oblige à réfléchir à nos propres valeurs et à la difficulté du partage. Il nous rappelle aussi que le plus important n'est pas le but mais le chemin qu'il faut traverser. Que ce soit pour un pélérinage à La Mecque, à St Jacques de Compostelle, au Mont Kalash, à Allahabad, au Mont Sinaï, au Mont Fuji, à Arunachala ou au plateau d'Assekrem.